Bibliothèques




Il y a quelques temps déjà que de nouveaux bâtiments avaient fait leur apparition sur nos terres incultes: les bibliothèques. Eparpillées de-ci, de-là, elles étaient encore assez méconnues. Il m'apparut donc clairement nécessaire d'envoyer un de nos reporters explorer ces mystérieuses bâtisses.

C'est à Macros le Noir que je décidais de confier cette tâche, lui recommandant d'être objectif et d'être le plus précis possible. C'est avec une hâte que je trouvais presque suspecte que celui-ci disparut en un clin d'oeil pour remplir sa mission...
Eh bien ...

Macros était enthousiaste avant de partir en reportage, mais j'étais loin de m'imaginer à quel point il le serait... Ce n'est qu'en lisant ses notes que je me rendis compte de l'étendue des dégâts... J'avais pressenti qu'il allait s'emballer *un poil*... Mais là ... Enfin, je vous laisse découvrir vous-même le texte de notre bouillonnant chroniqueur.

La nouvelle commença à circuler partout : enfin des bibliothèques avaient été créées ! Macros le Noir, Gardien du Savoir et Archiviste de son clan, pouvait enfin envisager qu'un de ses rêves soit exaucé ! Qu'elles soient créées par une horde de gnomes fanatiques oeuvrant pour la destruction du monde ou par une secte de grunts voulant donner au monde des dieux uniques, qu'importe, car il y avait toujours l'espoir que ces institutions deviennent des lieux de Savoir, de Paix et de Connaissance !

Ni une, ni deux, le gardien du Savoir partit toutes affaires cessantes vers la plus proche de ces nouvelles bibliothèques. Nichée sur un nid de pie, protégée des barbares analphabètes par de hautes tours, elle se dressait là, devant lui, en plein centre des terres neutres de Lorndor, comme elle l'avait été pendant des années au centre de ses rêves. Incontestable victoire de la civilisation sur le chaos!

Financée par des mécènes inspirés, le bâtiment était grandiose. Les deux grands battants de la porte en bronze massif renforcé d'acier barraient le chemin serpentant le long du pic jusqu'à l'entrée de la bibliothèque-forteresse, mais, tels deux yeux dévorant les livres, deux poternes de bonne taille étaient taillées dans le bronze. Contrairement aux battants principaux, elles étaient en permanence ouvertes, accueillant tous ceux qui ont le coeur avide de Savoir.

Dans la barbacane, quelques moines en bure marron surveillaient les arrivants et guidaient les voyageurs vers leur but. En sa qualité de Gardien du Savoir, l'elfe fut accueilli à bras ouverts. On lui fit traverser la cour intérieure et entrer dans ce qui pourrait être considéré comme le donjon : une grosse tour plus ou moins au centre du complexe, se terminant par une gigantesque tête de griffon !

A l'intérieur, toutes les portes étaient bien fermées, mais un moine était toujours prêt à les ouvrir quand on le demandait. Macros et son guide passèrent dans des salles, la plupart vides, pleines de rayons prêts à réceptionner les livres venus de tout Lorndor. Ils s'enfoncèrent petit à petit dans les entrailles de la terre. Bientôt, un habile jeu de miroirs amenait la lumière du ciel vers les caves les plus profondes. Des puits d'aération régulièrement placés évacuaient toute l'humidité, et, en cas d'incendie, tout était prévu pour fermer ces puits, évitant ainsi d'alimenter le feu en oxygène.

L'érudit était fasciné. Non pas par les livres inexistants ou rares dans ces salles, mais par le bâtiment lui-même ! Pour la première fois de sa longue vie de rat de bibliothèque, il était dans une structure spécialement faite et étudiée pour conserver des livres ! Le résultat était époustouflant...

Bientôt ils arrivèrent enfin dans le saint des saints : une grande salle, haute de deux ou trois étages, éclairée par un magnifique lustre et des centaines de torches. Elle devait être plus large que le donjon, deux centaines de pieds au bas mot. Tout le centre était occupé par des tables sur lesquelles s'affairaient des scribes et des copistes, dessinant consciencieusement les enluminures et les lettres des premiers livres que la bibliothèque stockait.

A l'exact centre de la pièce, comme posé sur une rosace de pierre, une sorte d'autel se dressait. Haut de deux ou trois mètres, il était composé de portes vitrées. A hauteur d'oeil de tauren, sur un rayon était exposé dans un reposoir un exemplaire de chacune des gazettes sorties en Lorndor. Aux étages inférieurs et supérieurs, on pouvait voir des piles d'exemplaires à consulter de ces gazettes, leur tranche regardant les murs de la salle.

Sur ceux-ci, dans des alcôves, sur deux ou trois étages reliés par des échafaudages en bois noir et or, la bibliothèque proprement dite était là ! Des centaines de vieux grimoires, d'oeuvres récemment copiées ou écrites étaient consciencieusement triées, classées et dépoussiérées par une demi-douzaine de moines qui en prenaient un soin extrême pendant qu'il n'y en avait encore que peu.

En pensant que ce bâtiment béni des dieux n'était pas le seul dans Lorndor maintenant, Macros, sans remercier son guide tellement la salle l'hypnotisait, marcha vers les livres les plus proches et commença à les dévorer !



Alainglandu pour l'introduction,
Macros le Noir pour l'article


"Il n'y a pas plus grand bonheur, plus grand honneur, plus valeureux but que celui d'apprendre et de transmettre son savoir ; car ce ne sont ni les guerres, ni les villes, ni même les races qui résisteront à l'usure du temps, mais uniquement le Savoir ! "
Jahln'hâne

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