Entrevue avec Freedom et Kano, anciens loups-garous


Encore une fois, le chroniqueur tauren sentait qu'il s'était fait avoir, mais il ne trouvait pas à quel moment... Etait-ce lors de l'annonce des sujets à traiter, quand la rédac-chef avait annoncé les noms de deux anciens lycanthropes prêts à témoigner sur cette étrange prolifération de loups-garous ? Etait-ce quand il avait levé la tête et qu'elle avait dit " Oui, je vois une corne se lever... " ? Ou bien quand tout le monde avait reculé d'un pas et qu'il s'était retrouvé à l'avant sans comprendre ? Ou alors ce concours de courte paille où il avait été le seul à participer... ? Pourtant non, il avait bien eu le choix entre deux pailles... Quoi qu'il en soit, il lui fallait désormais se rendre aux abords du Cimetière pour interroger ces deux non-morts, nommés Kano et Freedom, sur leur expérience en tant que loup-garou. Heureusement, le rendez-vous était fixé en plein jour et les deux undeads étaient déjà là, sous un saule pleureur, en train de jouer aux osselets...

Sandoval : Grumpf à vous ! Je viens pour la Gazette du Lorndor. On m'a dit que vous étiez atteints de lycanthropie... Mais vous ne vous transformez que la nuit, c'est bien ça ?

Kano : Oui, seulement la nuit. En fait, moi je suis un ancien lycanthrope, mais j'ai comme une marque qui est restée. (Il montre une cicatrice dans tout le dos). C'est apparu quand je me suis fait tuer sous ma forme de loup...

Sandoval : Ancien lycanthrope ? Parce qu'on peut en guérir ?

Freedom, ramassant les osselets pour reconstituer sa main gauche : Bien sûr qu'on peut en guérir, c'est mon cas aussi. Ceci dit, ce n'est pas quelque chose de très agréable. Effectivement, il faut que nous soyons tués sous notre forme de loup, auquel cas nous revenons à notre état originel, en gardant toutefois quelques traces des nuits agitées qui ont caractérisé notre vie de lycanthrope. Cela peut paraître paradoxal de tuer un mort-vivant, mais la lycanthropie se joue de la vie et de la mort. Un mort-vivant revient donc à la vie dès qu'il prend sa forme de lycanthrope. La contamination se fait d'ailleurs de la même manière : techniquement, vous mourez de l'attaque du lycanthrope... Mais comme on dit, la vie trouve toujours son chemin...
Kano : Moi je me suis fait tuer pendant un combat à mort : à un contre deux, ils ont eu beaucoup de chance... Depuis ce jour ma maladie a disparu et je n'en suis pas mécontent !

Sandoval : Finalement, vous avez l'air soulagés : c'est... douloureux de se transformer en loup-garou ? On ressent quoi sous cette forme ?

Freedom : En ce qui me concerne, ma lycanthropie n'a pas été dure à vivre en elle-même, mais la très mauvaise réputation des lycanthropes a été un fardeau. On se retrouve très exposé, pas complètement lucide et incapable de boire une potion correctement. De plus, ce n'est moralement pas très agréable : on est puissant, anonyme, et dans ces conditions se retenir d'achever nos alliés n'est pas des plus faciles ! Pour moi, le simple fait d'avoir hésité à le faire reste un mauvais souvenir. Car j'ai eu la sensation que ces pensées justifiaient ainsi la haine qui nous est vouée par de très nombreux êtres. Dans ce contexte, je me dois de remercier énormément les Vamps, dont la présence a été un grand réconfort, tant parce qu'elle nous soignent que parce qu'elles ne nous craignent pas. Quand j'étais sous l'effet de la malédiction, elles m'ont été d'une aide très précieuse.

Sandoval : Hum... Puissant et anonyme... Ça veut dire qu'un loup-garou ne conserve rien de sa forme originelle ? (en se touchant les cornes d'un air inquiet...) Rien ne vous distingue donc les uns des autres ?

Kano : Ah ça, il n'y a rien pour se reconnaître physiquement. Mais on s'est quand même pas mal débrouillés et je me demande comment. Sans doute un truc avec l'odorat ou autre chose...
Se tournant vers son compère.
Freedom : Non rien. Strictement rien ne nous distingue, excepté notre puissance brute...

Sandoval : Et vous avez gagné un si grande force lors de vos transformations ?

Kano : Notre force est décuplée !
Freedom, l'air fier : Ça oui ! Les raisons sont multiples... Nos griffes sont en quelque sorte l'original que toutes les pâles copies en acier vendues par les gobelins essaient de plagier : elles sont bien plus efficaces. Et puis notre musculature gonfle un peu la nuit aussi... Question d'hormones ?

Sandoval : Avec une telle force, vous avez sûrement causé des ravages autour de vous. Vous en avez profité pour éliminer des adversaires ou des monstres plutôt coriaces ? Vous vous souvenez de certains combats ?

Kano : Moi je me souviens seulement de mon dernier combat contre un chasseur de loups-garous...
Freedom : Hum, la force ne fait malheureusement pas tout... A vrai dire, ayant été l'un des premiers lycanthropes, ma préoccupation essentielle a été d'échapper aux parties de chasse organisées à mon encontre... Ceci dit, je me rappelle vaguement avoir tué plusieurs individus, rarement des monstres. Un loup ne peut pas se soigner, ou très difficilement, alors attaquer un monstre relève du suicide ! En tout cas, notre puissance brute est largement compensée par notre obligation de fuir régulièrement pour nous éviter une mort pénible. En effet, au petit matin, nous reprenons notre forme habituelle et nos blessures disparaissent du même coup, mais tous les soirs elles se rouvrent pendant la transformation... Un loup blessé ne guérira pas de lui-même....

Sandoval : Et vous regrettez ce temps-là ?
Freedom, regarde ses doigts avec nostalgie... : Oui un peu... ça avait ses bons cotés... De viles vengeances la nuit venue par exemple. (Il ricane doucement)
Kano : Je ne sais pas : pour moi, c'est un bon souvenir et il vaut mieux que ça reste ainsi... Mais ce n'est que mon avis personnel.

Sandoval : Comment considérez-vous la lycanthropie désormais ? Comme une maladie, une bénédiction, une malédiction... ?

Kano : Alors ça je ne sais pas ! Ca dépend des personnes.
Freedom : Personnellement, je la considère d'une manière assez neutre... Redevenir lycanthrope ne me poserait aucun problème, bien au contraire, mais je ne suis pas décidé à me laisser faire si un lycanthrope me saute dessus en pleine nuit... Je n'aime pas qu'on me dérange la nuit...

Sandoval : Pensez-vous que la lycanthropie va disparaître du Lorndor, ou au contraire que nous serons tous un jour contaminés ?

Freedom : C'est difficile à dire... D'après ce que je sais, le nombre de loups est plutôt en train de croître, mais pas de manière très poussée... Tout dépendra en fait de l'attitude des Lorndoriens vis à vis d'eux... Si un grand clan leur donne la chasse, leur disparition sera presque inévitable. Mais dans le cas contraire, il se pourrait bien que nous croisions de plus en plus de lycanthropes en Lorndor ! Qui sait, peut-être croiserai-je un de ceux que j'ai engendrés...
Kano : Bah, moi j'espère que non, car sinon tous les loups-garous n'auront plus de proie et ils se tueront entre eux pour survivre.

Le soleil étant en train de décliner, tout comme son courage, le chroniqueur tauren lança une dernière question en guise de conclusion :

Sandoval : Et maintenant que tout ceci fait partie de votre passé, même si cela vous a sans doute quelque peu changés, que devenez-vous ?

Kano : Moi je me suis lancé dans une carrière de chasseur de loup-garous et c'est assez marrant !
Freedom : Je mène à bien mon rôle d'officier chez les aDL, je tranche du NEMESIS en fines tranches, et je soigne les lycanthropes que je croise... Le petit train train lorndorien en somme.

Sandoval : En parlant de somme...
Le tauren, en faisant semblant de bailler pour signifier qu'il était temps de fui... finir, serra les phalanges des deux non-morts et repartit à toutes pattes vers ses pâturages sans se retourner. Son dernier souvenir fut celui d'une chute douloureuse, provoquée par quelque chose de lourd et puissant au moment même où il levait la tête en se demandant quel était ce hurlement proche, le soir, au fond des bois...

Sandoval


 
 
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