Guerre naine


En vue des remparts nains, l'auberge Eurac, où le calme règne ce soir...

Si l'on peut appeler calme les nains ivres qui se livrent à leur sport favori, le vidage de tonneau. Sport bien sûr agrémenté de bagarres fréquentes mais toujours bon enfant...

Rares sont les étrangers à s'aventurer aussi près des frontières. Mais, ce soir, un hullulement caractéristique se fait entendre, couvrant les voies enrouées par l'alcool et faisant cesser toute discussion. Le chant des Ombres...

Les occupants se précipitent sur leurs haches, subitement dégrisés par l'approche du danger.
La porte s'ouvre, sous le regard méfiant des guerriers, qui s'attendaient à tout, sauf à cela : quatre femmes en tenues de randonneuses !
La pâleur de leur teint n'a d'égale que la rougeur de leurs lèvres gourmandes, tandis que leurs yeux pétillent de malice vengeresse.
De surprise, les haches se baissent quelques secondes. Un nain, un peu moins imbibé de bière que les autres pousse brusquement un cri d'alarme.

Mais il est trop tard. Déjà, des fantômes traversent les murs, des vampires passent par les fenêtres, tandis que des morts aux ailes noires entrent par la porte à la suite des vamps, qui sautent sur les nains, les vidant de leur sang avec la furie sensuelle qui leur est propre.

Quelques minutes plus tard, le tavernier sort de sa cachette et observe ses nouveaux invités. Des morts... Il réprime un frisson. Les Lucifel, et les Vamps... La porte s'ouvre de nouveau, tandis que d'autres hordeux, alertés par le vacarme, font leur entrée, et sourient à la vue du massacre.


Deux jours plus tard...


Le Prince Noir, chef des Lucifel, paraît inquiet. Un fantôme vient lui faire un rapport, qu'il accueille avec une mine maussade. Il jette un coup d'oeil par la fenêtre, et reste immobile quelques minutes. Puis un sourire carnassier vient se peindre sur son visage... Il échange quelques mots avec ses soldats et les officiers vamps, Astrid et Chaoskhorne. Puis, suivi de ses hommes, il sort, autorisant enfin le tavernier à cesser sa veille apeurée. Mais son repos est de courte durée, car les hordeux, attirés par le sang, comptent bien rester dans les parages, eux... Des pigeons partent déjà, appellant des renforts contre le contingent de [Nains] venus bouter les Lucifel...


PrinceNoir

Macros regardait le plateau qui s'étendait devant lui. La lune brillait dans le ciel, aussi ronde qu'un orbe, d'un blanc immaculé. Ce n'était pourtant point sa douce lueur qui éclairait les vallons naniques, mais la lumière jaune et agressive de centaines de feux de camps qui pullulaient en contrebas.
C'était là le campement d'une armée de fiers combattants, des taurens, des orcs, des morts vivants et des trolls. Fière, certes, mais meurtrie.
Après plus de quatorze jours de combats, la horde pouvait être considérée comme vaincue ; enfin !

Elle était arrivée dans ces verts pâturages, au sud du royaume nain, deux semaines auparavant, pour de sombres raisons dont Macros n'avait toujours pas compris les tenants. Les nains avaient pendant un temps dominé, mais bientôt ils durent demander de l'aide à leurs alliés, pour juguler le flux de hordeux.
Les Elfpowers étaient en vacances à l'époque, mais ils détachèrent quand même une petite troupe qui jusqu'à lors combattait les at*.

Macros en faisait partie. Il se rappelait combien les premiers jours avaient été difficiles. Non pas du fait des combats contre la horde, mais à cause de l'accueil de leurs alliés... Ceux-ci n'avaient en face d'eux qu'assez peu d'hordeux, mais tous de haut niveau. Ils prirent donc l'arrivée des elfes comme un apport en nouvelles cibles, et non comme un renfort d'alliés. Pendant les deux premiers jours, près de la moitié de l'escouade fut détruite par les nains.
L'érudit s'était senti responsable de cet échec, car il avait plus que soutenu l'envoi de troupes.

Heureusement, au bout de deux jours, la situation de la guerre ne s'arrangeant pas, le reste du clan fut mobilisé, et les diplomates mirent les choses au point. Avec l'arrivée des soigneurs et des officiers, les bavures diminuèrent pour presque complément disparaître, et les alliés purent enfin se consacrer aux hordeux.

Peu de temps après, la guerre doubla d'intensité. Dans une remarquable démonstration de force, de coordination et de maîtrise stratégique, les hordeux en une nuit réussirent à percer les lignes de l'alliance et à installer une tête de pont à un endroit qui était considéré comme sûr, tout près du gros des troupes allianceuses !

Mais ce fut une erreur de leur part, car avec l'intensification de la guerre, ce fut l'alliance qui pris l'avantage, de par la proximité de leurs bases.
En un peu moins d'une semaine, les effectifs de la horde diminuèrent de près d'un tiers, tandis que ceux de l'alliance se maintenaient.

Macros balaya du regard ces troupes. En effet, les feux de camps étaient plus clairsemés que la semaine précédente. Mais ceux de l'alliance allaient bientôt l'être aussi. Le mage avait en main le message de son commandant. Celui ci considérait la guerre comme terminée, et victorieuse. Les Elfpowers allaient maintenant quitter le champ de bataille, accompagnés par certains de leurs alliés.

C'était la première fois que Macros participait à une bataille qui se finissait en victoire ! Néanmoins, tant que le goût de sang et de cendre lui collerait au palais, il ne pourrait pas apprécier l'événement, pourtant considérable ! L'alliance avait enfin vaincu, elle avait montré qu'elle savait encore se mobiliser et s'unir.
Certes ce n'était pas grand chose dans l'absolu, mais c'était quand même un pas en avant, et non des moindres.

Un petit sourire aux lèvres, Macros commença à redescendre le piton rocheux, bien décidé à aller retrouver les siens et goûter une dernière fois à la bière naine.


Macros Le Noir

Le sombre voile de la nuit s'étendait sur le champ de bataille, plongeant les combattants dans l'obscurité.

Les alliés des nains se retiraient, laissant les hordeux maîtres du terrain. Mais les pertes avaient été lourdes des deux côtés.

Thanos, depuis son campement, regardait la terre à présent dévastée qui s'étendait jusqu'aux murailles naines. Tant de valeureux guerriers étaient morts pour ce malheureux bout de terre... Des fleuves de sang l'avaient nourrie, gorgeant la terre sèche jusqu'à la transformer en une boue rougeâtre.

Des cadavres de toutes les races se côtoyaient, se décomposant petit à petit, commençant déjà à être avalés par l'histoire...

L'herbe repousserait, les os seraient recouverts, et tout recommencerait... Tel était le destin de Lorndor, tragique, amer, inéluctable...


PrinceNoir
 
 
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