Si



Si tu peux voir détruit l'ouvrage de ton clan
Et sans dire un gros mot te mettre à reconstruire,
Ou manger d'un seul coup le grain d'un seul épi
Sans un reste et sans le vomir ;


Si tu peux être savant sans passer pour un singe,
Si tu peux être plein d'or sans jamais te faire prendre
Et, te sentant écrasé, sans abîmer ton linge,
Pourtant sauter et te détendre ;


Si tu peux supporter de voir tes inventions
Travesties par des Nains pour éclater des Trolls,
Et se ruer sur toi des meutes de vaches folles
Sans céder toi-même à tant d'agitation ;


Si tu peux rester solitaire en étant solidaire,
Si tu peux rester membre en conseillant tes rois,
Et si tu peux aimer tous les petits en demi-frères,
Sans qu'aucun d'eux soit le double de toi ;


Si tu sais réfléchir, inventer et connaître,
Sans jamais devenir chaotique ou destructeur ;
Créer, mais sans laisser tes créations être tes maîtres,
Soigner sans n'être qu'un saigneur ;


Si tu peux franchir la rivière sans jamais être en nage,
Si tu peux être grand avec les bras levés,
Si tu sais être rond, si tu sais être mage,
Sans être anormal, ou pire, équilibré ;


Si tu peux rencontrer défaite après défaite
Et recevoir ces châtiments d'un unique adversaire,
Si tu peux conserver tes ouvrages et ta quête
Quand tous les autres te diront de te taire,


Alors les Trolls, les Grunts, les Undeads et les Taurens
Seront à tout jamais tes vendeurs de supplices,
Et, ce qui vaut mieux que la Mort et la Haine,
Tu seras un gnome, mon fils.



Draydur Gnilpik


 
 
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