Le soir, je m'étais préparé. J'avais suivi l'elfe de loin, persuadé que j'allais de nouveau assister à cette diablerie. Et j'avais malheureusement raison. Tout se reproduisit. L'elfe qui s'écroule, le corps qui se tord et se déforme, les griffes qui poussent, le visage qui se transforme en gueule... Quand la bête s'élança, sans doute dans le but de s'attaquer à quelque malheureuse victime, je la traquai. Heureusement, j'avais mon tigre avec moi. Elle, n'avait que ses pattes, mais elle était dotée d'une endurance peu commune. Je la poursuivis sans relâche jusqu'au matin, mais sans l'attaquer. Quand elle jetait son dévolu sur quelqu'un, je provoquais de grands bruits afin de la faire fuir. Car, malgré sa puissance et sa soif de meurtre, elle était craintive. Je réussis ainsi à l'empêcher de tuer, et elle ne put se nourrir de toute la nuit.

Au petit matin, quand allait venir pour elle le temps de la transformation, je l'attaquai, déchaînant sur elle toute la puissance magique dont j'étais capable. Ce ne fut pas suffisant, elle était vraiment solide... Mais elle ne put se défendre car, quand elle voulut se retourner contre moi, il était trop tard : les griffes se transformaient en ongles, les pattes redevenaient bras et jambes, le cuir et la toison du loup laissaient la place à la peau fragile et élégante de l'elfe, la bête disparaissait au profit du guerrier.

Ce dernier, à son réveil, croisa mon regard et m'adressa un grand sourire. Il ne se rappelait pas ce qui s'était passé. Il ignorait tout de son état. Sans doute avait-il l'impression d'avoir fait des rêves de chasse et de combat...

J'ai tué le loup ce soir là. J'avais choisi de ne pas attendre le matin, cette fois-ci, me disant qu'il se souviendrait de moi et qu'il m'aurait si je ne l'achevais pas au plus tôt. Je supposais aussi qu'il ne pouvait se soigner durant le jour, mais que la nuit lui permettrait de retrouver toutes ses forces. Le meilleur moment pour le second assaut me semblait donc être le soir, juste après sa transformation.

Je ne sais si mon raisonnement était bon. En tout cas, c'est ainsi que je réussis à éliminer la bête. J'ai appris depuis qu'il s'agissait d'un loup-garou, et que la seule façon de guérir les malades consiste justement à tuer le monstre la nuit, quand il est de sortie. Je suis content pour le guerrier : j'ai pu le guérir. Après tout, qu'importe le remède pourvu qu'il conduise à la santé.

Regarde, mon Elanor : vois cette dent. C'est un croc arraché à l'animal après sa mort. J'en ai 11 autres. Quand j'en aurai assez, je te confectionnerai un collier. Ce moment risque d'arriver assez vite, car cette engeance semble se multiplier, et je traque ces démons pour les éliminer, un par un. Si personne n'agit, il contamineront tout le Lorndor, nous deviendrons tous des monstres sanguinaires. J'ai peur pour nous, peur pour notre monde. Mais la tâche est rude, et je suis si las... Hui plus encore qu'hier j'ai besoin de toi. Hui plus encore qu'hier ton corps me manque. Hui plus encore qu'hier j'ai besoin de ta force et de ton amour...



Olorin


Précédent     Page 2                 
 
 
45418 personnes ont vu ce numéro,
une personne le consulte actuellement.

 
valid xhtml valid css Contrat Creative Commons rss
apache php get firefox