Les 7 péchés capitaux selon Maltabius : L'undead et l'envie


Je reprends la plume pour vous narrer à nouveau une petite histoire des terres de Lorndor. Celle-ci a pour personnage principal un "déjà mort" du nom de Zior.

Comme chacun le sait, les undeads sont une race de gens qui ont déjà connu la perte de la vie, et sont revenus. De part leur étrangeté, ils sont souvent mal aimés et rejetés, et pour cette raison ils préfèrent vivre en communauté, sans trop se mélanger avec les autres races. Mais Zior n'était pas de ceux-là. Sa condition de mort-vivant ne le satisfaisait pas vraiment. Il avait décidé de s'éloigner de ses congénères et après avoir recherché un coin tranquille, il avait bâti à la sueur froide de son front une petite demeure simple pas très loin d'une ville où beaucoup de races se côtoyaient.

Il était le seul représentant de son espèce, et il avait tenu à ne pas trop se mélanger, craignant le regard des autres. Malgré cela, il était connu en ville, en effet il avait beaucoup étudié la magie, et était devenu un grand herboriste. Il recevait donc, à la nuit tombée, de bien étranges visiteurs en quête de potions mystérieuses. Zior s'était cantonné à ne produire que des breuvages à effets bénéfiques, il était déjà regardé suffisamment bizarrement et il ne voulait pas trop attirer l'attention sur lui de peur de se faire chasser. Alors, dans sa maison transformée en boutique, il proposait divers philtres destinés à aider les amoureux, des remèdes contre diverses maladies, mais rien qui ne soit versé dans la magie noire. Peu à peu sa réputation avait grandi, et même s'il n'osait pas encore se montrer au grand jour, il était toléré aux environs du village et parvenait à vivre de façon honorable.

Mais en secret, au plus profond de son âme, il souffrait d'un mal étrange, l'envie.
Bien qu'il ait tout le nécessaire pour vivre heureux, il jalousait ceux de la ville pour une chose que lui seul n'avait pas : la mortalité.

Cela peut paraître bien étrange, mais pour autant ce n'était pas une folie de sa part. Lui seul pouvait comprendre réellement ce sentiment. Il n'arrivait pas à apprécier la vie qu'il menait. Car comme la nuit permet d'aimer le jour, comme le malheur aide à apprécier le bonheur, la mort est la seule chose qui donne tout son sens à la vie.
Il traversait les saisons sans y prendre réellement goût, tel un fantôme, et il se mit à jalouser de plus en plus tous ces gens qui lui rendaient visite. De plus, comment en parler avec eux, personne n'aurait pu le comprendre. Pour remédier à ceci et retrouver la joie de vivre, Zior prit donc la décision de travailler secrètement à modifier sa condition propre.

Au fond de sa maison, il creusa une petite cave, et se mit à la transformer en un laboratoire secret ou il pourrait travailler à son grand projet. Il récupéra de nombreux grimoires magiques et étudia divers sortilèges afin de créer quelque chose qui puisse améliorer sa vie.
Le jour il continuait à fabriquer ses potions anodines destinés à la vente, et dès la nuit tombée, il descendait dans son laboratoire et se replongeait dans ses études maudites. Son cœur était tenaillé par l'envie qu'il éprouvait envers les autres, et plus rien ne comptait que le fait d'acquérir cette mortalité qui lui faisait tant défaut.

Un soir d'hiver, alors que minuit était passé, le hasard, ou plutôt la fatalité, lui apporta à domicile une solution à son mal de vivre.
Voilà deux heures qu'il était sur l'élaboration d'une potion, lorsqu'il entendit frapper doucement à sa porte. Il remonta rapidement, fermant derrière lui la trappe d'accès à sa cave, et ouvrit. Il fut stupéfait à la vision du personnage qui se tenait sur son seuil. C'était le fils du régent de la ville voisine en personne qui le toisait là. Zior eut tout d'abord un mouvement de recul, croyant qu'on venait l'arrêter, mais le jeune homme était seul et ne semblait pas agressif.

-"Que me vaut l'honneur de votre visite ? " questionna Zior.
-"Je viens requérir votre aide pour une bien délicate affaire" lui répondit le jeune homme.
-"Je me prénomme Alban, et comme vous le savez peut-être, mon père dirige la ville voisine. Or depuis quelque temps, nous subissons des agressions de la part d'une bande de rôdeurs, et nos espions ont réussi aujourd'hui à localiser leur campement dans la forêt. Mon père a donc décidé de lever une troupe afin de mettre fin à leurs agissements, et dès l'aube nous allons nous rendre à leur rencontre pour les combattre."

Zior écoutait attentivement les propos d'Alban.

-"Messire, je ne comprends pas en quoi je peux vous être utile, je ne suis pas un valeureux guerrier et les combats ne m'enchantent pas vraiment. Pourquoi venir ici me raconter tout cela ?"
-"Je ne viens pas pour vous demander de combattre. Voyez-vous, je ne suis pas d'un naturel peureux, et je suis prêt à aller me battre demain, mais j'ai appris ce soir une nouvelle qui me plonge dans le trouble. Mon épouse m'a annoncé qu'elle attendait un enfant de moi, et lorsqu'elle a appris la proche bataille, elle m'a fait jurer de ne pas mettre ma vie en danger. Elle m'a confié qu'elle ne pourrait survivre à ma mort si elle devait advenir, et je suis certain que s'il m'arrive malheur, elle mettra fin à ses jours. Je ne peux pas supporter cette idée et je dois tout faire pour être certain que ma vie soit préservée, plus pour elle et mon futur enfant que pour moi même."
-"Voilà effectivement une bien étrange requête, mais je comprends votre désarroi et je pense être en mesure d'accéder à votre demande. Je connais un ancien sortilège qui pourrait sûrement vous aider à ne pas perdre la vie lors de l'affrontement, c'est une incantation secrète que je n'ai jamais pratiquée, cependant je suis certain de pouvoir la réaliser."
-"Alors allons-y, ma décision est prise, je ne reviendrai pas en arrière."

Zior ouvrit alors la trappe de sa cave ou personne d'autre que lui n'avait jamais mis les pieds, et précédant le jeune homme il l'invita à le suivre. Arrivés en bas des marches, Zior s'installa devant un autel de pierre et pria Alban de se positionner face à lui.

-"Je tiens à vous signaler que l'opération est assez impressionnante, voire douloureuse, mais il faut me promettre de me faire confiance jusqu'au bout et me laisser achever mon maléfice."
-"Très bien, je vous le promets, je resterai attentif et obéissant à vos injonctions."

Zior se saisit alors d'une fiole de liquide rouge sombre et traça un pentagramme à cinq branches devant lui. Puis il se saisit d'un couteau à lame dentelée et d'un petit sac de poudre verdâtre.

-"Messire veuillez poser votre main gauche à plat au milieu de l'autel" demanda-t-il doucement.


 
 
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