Guerre Taurens vs Elfes


Chapitre premier: Prologue

Oyez, oyez bonnes gens. Venez écouter le récit de la bataille des Ponts. Ils étaient beaux, ils étaient forts, ils sentaient bon le sable chaud ! Dans toutes les tavernes on chantait leurs exploits, et devant eux les ennemis fuyaient ! Leur gloire et leur courage n’avaient de rivales que parmi les dieux ! Ils étaient les Elfpowers ! Mais hélas trois fois hélas, toutes leurs batailles n’étaient pas des victoires. Pourtant le courage ne leur faisait pas défaut, ni la force, ni la beauté, mais seulement le nombre. C’est comme ça qu’ils perdirent la grande bataille des Ponts ! La voici telle qu’elle me fut contée par un des ces elfes au regard vif et au geste sûr :

Tout commença sous un magnifique soleil d’hiver. Un jour comme il y en a tant où il fait bien froid, mais où le soleil te réchauffe et tu sens sa chaleur pénétrer en toi et atteindre tes os, provoquant un bien-être que seul l’hiver peut apporter.

Pris dans ces réflexions, je chevauchais avec cinq autres membres de la cavalerie des Elfpowers dirigée par le fier Addax ; qui avait lui aussi l’air hagard, sans doute dû à la cuite qu’on s’était pris la veille pour fêter une victoire sur les Taurens, encore une.

Nous chevauchions sans autre but que celui de suivre notre capitaine, qui avec sa discrétion habituelle ne nous disait pas quelle était la mission qui nous avait été assignée par notre chef intérimaire, le noble Zelltemplar. Nous étions seulement à quelques heures de nos chères forêts, pourtant le capitaine avait l’air spécialement anxieux, trop pour que se soit juste sa gueule de bois. Nous n’étions pas censés savoir pourquoi. Sans doute nos chefs craignaient que nous ayons trop peur pour répondre aux convocations ! Mais c’était là sous-estimer le courage et le dévouement de la cavalerie pour le royaume elfique, et avant tout pour notre clan, les Elfpowers !

Car nous savions ce qui se passait. La cuite d’Addax n’était pas un hasard, nous l’avions saoulé à dessein pour qu’il parle, et il a parlé : les aT* attaquaient le royaume elfique, et dans leur sillage une horde de Taurens, de Grunts, de Trolls, et d’autres créatures, même certaines de celles qui, même mortes continuent à combattre. Ils avaient déjà détruit les châteaux de l’Alliance situés au sud des ponts, et installé deux formidables forteresses sur les ruines de leurs victimes. Ce n’était pas la première fois que ces monstres attaquaient notre royaume, mais cette fois ils avaient rassemblé énormément de guerriers et de mages !

Nos montures étaient rapides, aussi nous atteignîmes rapidement les cimes des collines desquelles on pouvait voir tout l’Ouest et le Sud des forêts natales. Bordant ces verdoyantes forêts, coulait paresseusement une grande rivière, enjambée au sud-ouest par des solides ponts, autrefois gardés par deux puissants forts en pierre et en fer, construits par les Nains, du temps où ce peuple s’entendaient à merveille avec le nôtre. Mais des forts, il ne restait que des ruines. Les forteresses étaient tombées bien des siècles auparavant dans une attaque ressemblant fort à celle-ci, mais qui s’était rapidement finie par l’arrivée d’une armée de Nains et d’Humains, fiers et nobles, qui défirent avec les Elfes et les Gnômes sortis des forêts, les armées de la Horde, et portèrent la guerre dans leur terre.

Mais cette fois, d’Humains ou de Nains il n’y aura point. Des messages ont été envoyés, les phares de Killardorne, ceux qui se déploient jusqu’aux royaumes alliés, et qui ne sont allumés que pour demander de l’aide, ont été allumés, mais très peu, trop peu ont répondu. Sur les berges, au nord du fleuve, l’armée de l’Alliance se rassemblait, on pouvait voir les bannières des ABC, des mighty, des snypers, des Kyzox, des Alliance, des Phoenix, ou d’autres clans, dont certains n’étaient pas uniquement elfiques. Mais sous ces nobles étendards, peu de guerriers attendaient. Les bans n’avaient pas tous répondu à l’appel de leur chef de clan.

Dans ce flot vert et gris de tentes et de guerriers elfiques, au sud, vers les ponts, une gigantesque traînée rouge gangrenait la beauté du spectacle. C’était la tête de pont que la horde avait réussi à installer quelques jours auparavant. Au sud du fleuve, on apercevait les tours élancées du château des aT*, qui trônait là, en faisant un affront à tous les Elfes !

Addax nous fit mettre le cap sur l’Est de ces ponts, sur la petite butte où la bannière lunée des Elfpowers flottait héroïquement, et sa vue nous mit le baume au cœur. "Allez" nous dit Addax, "Montrons à ces clans que les Elfpowers, eux, quand ils se mobilisent, tout le monde vient à l’appel, montrons-leur la fierté et la noblesse de notre maison !"

Nous nous installâmes dans ce campement de fortune. Addax partit sur le champ prendre des nouvelles chez le conseil des officiers, tandis que nous rejoignîmes nos camarades, installés sur le versant Ouest de la colline, regardant la Horde.

Au bout de quelques heures, Addax revint nous faire part de ce qu’il avait appris au conseil des officiers. La situation est grave. Les Taurens étaient forts, surtout les aT*, par la proximité d’un portail, et par une forte mobilisation. Devant eux au Nord, il n’y avait que peu d’obstacles, ils pouvaient frapper où ils voulaient jusqu’au cœur du royaume elfique ! Les Elfes étaient plus nombreux, mais moins concentrés, et surtout moins unis. Mais néanmoins il restait une chance : si nous réussissions à les repousser au-delà des ponts, nous pourrions les maintenir au Sud du fleuve. Et si nous commençions une guerre d’usure avec eux, nous finirions bien par rassembler les Elfes, et la victoire nous serait alors acquise. Demain dès l’aube nous attaquerons.

Malgré la supériorité des armées de la Horde, pendant près de deux jours les combats se restreignirent aux abords des berges. Les Hordeux massaient leurs troupes, et fortifiaient leur percée. L’Alliance ne resta pas inactive. Tous ceux qui avaient l’imprudence de se risquer loin du gros des troupes finissaientt inévitablement morts. Des raids dans le camp Hordeux avaient lieu tous les soirs, et ils laissaient toujours derrière eux des monceaux de cadavres de Taurens dans la neige ensanglantée. Beaucoup d’entre nous allèrent se réfugier tous les soirs derrière les murs infranchissables du royaume elfique.

Après ces deux jours de furie, l’armée de la Horde se mit en marche. Je vis ça du haut d’une tour de garde, où je me reposais, une longue entaille en travers du torse. La cavalerie ouvrit le terrain, immédiatement suivie du gros des troupes, laissant derrière eux un sillage de cadavres.

Les flèches et les sorts volaient sur cette colonne en marche, mais sitôt l’un d’eux blessé, un chamane se précipitait pour le soigner. Heureusement, l’acharnement et la valeur de mes compatriotes eurent raison d’un bon nombre de ces monstres, surtout les retardataires.

Une heure après, je regardais encore ce spectacle quand le cor de rassemblement des clans se fit entendre au-dessus des cris et des tambours. Tenant mon bandage d’une main, j’enfourchai mon tigre, et partis au camp des Elfpowers. Mais là je ne trouvais que peu d’Elfes, très peu ayant répondu à l’appel. Beaucoup avaient préféré fuir la violence des combats. "Nous savons enfin le véritable but de la Horde" nous aborda tout de go Zelltemplar "ils veulent attaquer le château elfique. Et bah je leur souhaite bonne chance ! Les seules portes qui leur sont ouvertes sont les brèches à l’extrême Nord des murs. C’est un long chemin jusqu'à là-bas. Une fois sur place, ils auront tout le peuple elfique sur le dos, et ils essayeront de détruire un château que la magie rend indestructible. Notre tâche est donc simple : tuer les retardataires qui essayent de suivre le gros des troupes vers le nord. Bonne chasse, et que la Lune soit avec vous."

Les jours suivant la plaine paraissait presque vide par rapport à l’agitation de la semaine précédente. Le gros des troupes de l’Alliance avait suivi la Horde, aussi nous n’étions que quelques clans sur les lieux, avec beaucoup à faire, beaucoup de cibles faciles, et toujours le soir, le repli derrière les murs protecteurs. Ça c’était de la bonne guerre : peu de risques et beaucoup de bénéfice. Néanmoins, on avait tous un mauvais goût dans la bouche, le goût de la défaite. La Horde avait réussi à nous ridiculiser en entrant dans notre sanctuaire comme un Troll dans une pucelle ! Et pire, on avait peu de nouvelles du siège, mais on savait que nos troupes n’arrivaient pas à les déloger de là-bas. L’audace de ce plan, et le brio avec lequel il avait été exécuté nous laissaient tous admiratifs, enfin ceux qui étaient de suffisamment bonne foi pour le reconnaître.

Donc même si l’état dans lequel était la guerre semblait pour nous une aubaine, notre honneur nous commandait de repousser la Horde au-delà des ponts. Mais personne ne voyait comment. Au coin du feu, tous les soirs, chacun imaginait un moyen d’y arriver, tous aussi fous les uns que les autres, et tous irréalisables. Bien sûr le conseil de nos officiers se posait la même question, mais eux avec plus de réalisme et plus d’acharnement. Mais c’est quand même une idée folle qui sortit.





 
 
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