UD vs GARDIEN (Version GARDIEN)


Le soleil commence à se coucher. Son rougeoiement m’apporte les dernières chaleurs du jour. Je profite de cette douce sensation, car la nuit sera longue, rouge et froide.
Je sens la fatigue gagner au sein de mes frères d’armes. Tous appréhendent cette nuit. J’aperçois un jeune guerrier Humain près de moi, Gardien depuis peu apparemment. Sa main serre le pommeau de son épée et tremble quelque peu. Le jeune Humain essayait tant bien que mal de garder courage en soupirant inlassablement. Je le regarde droit dans les yeux, et met ma main sur mon cœur. Il en fit de même et esquissa un petit sourire, l’air plus rassuré.

L’heure approche; Shakka, ma panthère, sent l'odeur de la mort venant du Nord. Elle sait que c’est là-bas que nous allons. Je la sens un peu tendue, mais après tout ce que nous avons traversé, elle me fait confiance.
Le rassemblement sonne. Tout le monde semble être prêt.
Au lieu d’un sempiternel discours avant la bataille, je commence à chanter une chanson.

"Dans les prairies lointaines
Loin de notre bonne maison
Nous nous en allons avec peine
Vers la mort qui prépare sa moisson…"

Là un grand et puissant Tauren continue la chanson avec moi, d’une voix grave, suivie d’un Elfe, d’un Nain, puis d’un Orc, jusqu'à ce que tout le bataillon, composé de tous les peuples vivants du Lorndor chante ensemble cette ode au désespoir. Les chants envahissaient les plaines, les oiseaux semblaient retenir leurs piaillements.

Et le silence se fit... L’ode prit fin. Il est temps de partir, les Gardiens doivent accomplir leur destinée. La fin approche-t-elle ? Non, ce n’est pas une fin, c’est un début.

" Allons mes frères", m’écriais-je, " Marchons ! Que la Source nous guide et veille sur nous. Allons à l’assaut, la mort ne nous prendra pas ce soir !"

Les Gardiens étaient en marche. Sur le chemin, Kyrandia, domaine des Klones, était hélas très endommagée par les attaques continues des légions de Morts-Debout. Sur le mur, j’aperçois une petite silhouette: je la reconnais, c’est Fort, qui d’un simple signe de la tête, nous souhaite bonne chance.

Notre marche continue, nous approchons de plus en plus de notre but. A l’Est s’étendent de grandes plaines où de nombreux feux brûlent, formant une épaisse fumée noire. C’est ici que les Morts-vivants se repaissent des combattants tombés lors du siège de Kyrandia.
Mais ce n’est pas là que nous allons... Non, nous allons plus loin, plus profondément, vers les Terres noires du Nord. Vers la mort elle-même.

Une dernière colline et nous y voilà... A l’Ouest, j’aperçois d’autres Gardiens qui se tiennent prêts. Tous attendent l’ordre final. Je ferme les yeux un instant. Mon cœur bat de plus en plus vite. D’un simple geste de la main, j’ordonne au musicien de sonner le rassemblement. Les lignes se forment d’elle-même. Tous savent ce qui doit être fait. Les lignes sont prêtes, j’ordonne qu’on sonne la charge. Tandis qu’une ligne part un peu plus au Sud, notre bataillon fonce droit devant, vers un campement où quelques feux viennent d’être ravivés. Sans doute ces démons ont-ils été dérangés dans leur repas par le bruit de nos cors.

Tous les Gardiens lancent la charge. Certains poussent de grands hurlements pour se donner du courage, d’autres restent silencieux et serrent les dents. Pour ma part, je sens mes tempes battre à la vitesse de mon coeur.
Une sensation m’envahit... Je commence à sourire. Je ne me contrôle plus. Un sentiment de haine, de colère et de réjouissance me gagne petit à petit. Ce combat est le nôtre, chaque fibre de mon corps est destinée et entraînée pour combattre ces créatures de la Non-Vie. La Source me porte et guide mon bras, j'entre dans une frénésie où la crainte n'est plus et c'est un plaisir incontrôlé qui me gagne à chaque ennemi abattu. La Source et les Gardiens sont UN et fait de nous des berzerkers...
Les Morts-Vivants ne s’attendaient pas à cela.

Nous étions en plein cœur de la bataille. Depuis combien de temps ? Impossible de dire. Seuls les bruits des boucliers qui éclatent, des lames qui s’entrechoquent et des sorts qui s’abattent ont rythmé cette nuit. J’en avais perdu la notion du temps. Je vois de nombreux Gardiens se battre courageusement, mais beaucoup manquent à l’appel. Difficile de dire combien a priori. Beaucoup de nos ennemis sont tombés, et ceux qui étaient partis au Sud avant l’assaut commencent à rejoindre nos positions. Les Gardiens tiennent, mais pour combien de temps encore...

Tout d’un coup, je sens une légère chaleur dans mon dos. L'aube se lève, le ciel s’illumine. Qu’il est agréable de revoir cet astre de Lumière. Ainsi cette bataille aura duré toute la nuit.
Les rayons du soleil ont du mal à percer les épais nuages de ces contrées ténébreuses, mais la simple vue de ces traits de lumière ravive mon cœur et celui des mes frères d’armes. Mais hélas, la vue de la lumière n’est pas toujours porteuse d’espoir...

En effet, peu après que les premières lueurs de l'aube aient atteint les crêtes des montagnes, un violent bruit en provenance du Sud m’horrifie, un bruit d’éboulement. Je cours en haut de la colline pour vérifier mes craintes... et elles sont fondées... Kyrandia, ultime forteresse de l’Alliance Klone, est tombée. Je restais là, debout, immobile, retenant ma respiration nerveusement. Ainsi, nous n’avons pu sauver Kyrandia...

J’entends quelqu’un courir derrière moi. Je me retourne. Un Mort-Vivant me charge, sans possibilité de réagir. Au dernier moment, Shakka saute sur ce Mort-Vivant, les griffes en avant en poussant un puissant rugissement. Elle le mit à terre et le démembra. Comme si ma fureur contre ces créatures l'avait gagnée ! Shakka venait sans doute me sauver la vie et je la caressais silencieusement en guise de remerciement.

Plus loin, j’entends une voix qui m’appelle :
" Capitaine ! Capitaine !"
Un de nos Gardiens Humain, s’approchait de moi, l'air affolé :
" Capitaine ! Kyrandia est tombée ! Vous avez vu ! C’est affreux, qu’allons nous faire maintenant !"
Je reste un bon moment sans rien dire, puis, je lui réponds, d’une voix à la fois douce et autoritaire :
" Nous allons continuer à nous battre ! Jusqu’au bout ! Jusqu'à ce que la mort nous emporte !
Allez viens, allons rejoindre les autres! Nos bras seront plus utiles à leurs cotés"

" Heu… Capitaine ?"
" Qu’il y a-t-il ?"
" Vous ne pouvez pas vous battre dans cet état Capitaine, vous êtes salement blessé"
En effet, je n’avais même pas fait attention à la douleur, mais une épée rouillée m’avait profondément entaillé la cuisse.
Je restais quelques minutes, à panser ma blessure comme je le pouvais, puis je répondis :
" Bah ! Nos soigneurs arrangeront cela, et Shakka me portera jusqu'à eux. Allez, retournez au combat, je vous rejoins dans quelques instants".


Voici ce qui fût l'une de nos batailles parmi tant d'autres contre nos pires ennemis, les représentants de la Non-Vie.
Ensuite, devant le nombre de légions de Morts-Debout qui ne cessait d'augmenter mais aussi par l'arrivée de plusieurs clans de la Confédération, venus tels des charognards, nous avons du choisir de quitter notre citadelle. Il faut savoir reconnaître la limite entre courage et bêtise...

Textes de Smash
Retouches et conclusion par Wildfar


 
 
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