LYS NOIR, le 20 Juillet 2005

« Resplendissante de lumière dans sa Ténébreuse mort »

Quel bonheur de vagabonder parmi les feux follets de son cimetière, quand il n'est pas profané par l'ennemi... au milieu de toutes ces ombres viriles au magnétisme sulfureux, aux regards fascinants et ... je m'arrête là sinon on va me faire remarquer que je détourne la règle que j'ai moi-même imposée : pas de favoritisme pour une race plus que pour une autre (en attendant, je fais un petit clin d'œil et un gros bisou à tous les frères), je la remarquais, elle, fleur de la nuit, undeadette, si rare chez les Morts-Vivants, « resplendissante de lumière dans sa ténébreuse mort » comme toute vampirette qu'elle était.

Je m'approchais de la pâle créature portant une grande cape noire fermée par une broche. La blancheur de son teint et la finesse de ses traits tranchaient avec la lourdeur de ses tresses de jais qu'elle rejetait derrière les oreilles. Sous la cape je pouvais discerner d'appétissantes rondeurs, et tout un amoncellement d'habits trop complexe pour moi, qui avais pour habitude de m'engouffrer à la va vite dans une seule et longue tunique ; je voulus en savoir plus sur ses enchevêtrements de vêtures... elle se prêta au jeu de l'effeuillage devant moi, afin de m'inventorier sa tenue vestimentaire dans ses moindres détails. Elle me fit les commentaires au cours de sa démonstration :

« Je porte des chaussures de cuir souple qui s'arrêtent à mes chevilles comme tu peux le voir. Mes mollets sont enserrés dans des bandes de tissu qui montent jusqu'aux genoux, et compriment mes braies sur mes longues jambes.
Mais tu dois t'en douter, le tissu ne protège pas des coups d'épée, et une large bande de cuir, qui part de ma ceinture et descend au-dessous de mes cuisses, couvre chaque côté de mes jambes. Ce morceau de cuir durci est cousu à ma ceinture, qui retient aussi les fourreaux dans lesquels reposent mes deux poignards.
Un corset de cuir recouvre mon torse jusqu'à la naissance des seins et me sert d'armure. Sous celle-ci, je porte une solide chemise de lin pourpre, pourvue de dentelles sombres au bout des manches et autour de mon décolleté.
Au poignet et sur les avant-bras, j'ai le même genre de bande qu'autour des chevilles, sauf que cette fois elle sont en velours : c'est plus résistant et ça tient chaud !
Mon seul bijou est une broche argentée que j'ai toujours eue et dont je ne m'explique pas l'origine, qui ferme ma lourde cape de velours noir. Un équipement plutôt complet, bien qu'il soit simplement nécessaire pour affronter efficacement les humeurs du Lorndor. »

Ses grands yeux couleur noisette avaient un éclat surprenant : ils semblaient éclairer le sombre monde qui nous entourait. Je lui demandais donc si elle était d'accord pour répondre à mon questionnaire :

L : Si je suis consentante pour répondre à un questionnaires concernant les Filles à la Guerre ? Notre sexe devant ces boucheries, massacres et autres joyeusetés ? Assurément que je le suis, il y a incontestablement beaucoup à dire, je t'écoute.

S : Merci ; en tant que vraie fille, comment te définirais-tu ?
L : Je crois être une fille autant que toi tu l'es. Regarde-moi donc plus précisément, vois-tu quelques torse velu et doigts bourrus ? Non, bien sûr que non ! Te voilà donc fixée. Et puis pour définir la nature d'une fille il n'y a qu'à apprécier le jugement et la sagesse de la personne que l'on a en face de soi : si elle est incapable de tenir une conversation intelligente, c'est à coup sûr un étrange homme qui s'est paré des vêtements d'une amie et non pas une fille !

S : Mais encore, plus précisément..
L : Une triste et joyeuse âme égarée, pourvue d'une simple complexité impénétrable réfugiée dans un corps appréciable que les affres de la Mort n'ont pas eu l'audace de décharner.

S : Et comment ce fait-il que cette âme se soit retrouvée sur les Terres de Lorndor ?
L : Cela faisait des décennies, que je m'étais isolée dans les profondeurs du monde. Jadis avide de combat et de sang, j'ai, par la suite, été frappée d'une étrange vision : cela ne rimait à rien.
Tuer, piller et abuser ne me menait nul part, seules la sagesse et la toute puissance de la connaissance pouvaient apaiser mes terribles besoins. Déroutée par cette prise de conscience aussi subite que fortuite, je me suis terrée dans un mutisme en même temps que je m'isolais du monde pour un sommeil que je croyais éternel et qui me permettrait de scruter les profondeurs des êtres de cet univers en restant hors de leur portée.
Hélas, le sort en a décidé autrement : le tumulte de la guerre résonnait une fois de plus sur ces terres du Lorndor et il me fallait y prendre part dans un nouveau rôle cette fois, celui d'une humble érudite. C'est ainsi que je fis mes premiers pas en Lorndor, discrète et faible de cette récente léthargie, à la recherche de quelques gorges pour commencer une nouvelle marche qui s'avérerait être très instructive.
 

sep

S : Cela t'a fait quoi, de te retrouver dans ce monde à majorité masculine ?
L : Il en a toujours été ainsi, des hordes d'Hommes et de Nains, des foules d'Elfes et de Trolls, des nuées de brutes et de Gnomes... Tout cela pour une poignée de femmes. J'ai été déçue de constater cette évidence que je subodorais déjà avant de renaître, mais absolument pas surprise !

S : Et toutes ces guerres incessantes ?
L : J'ai pensé que le monde n'avait pas changé et qu'il semblait ne jamais devoir le faire.

S : C'est supportable de vivre ce monde en tant que fille ?
L : Beaucoup se moquent éperdument de mon sexe et se contentent de me taper dessus ou de m'envoyer une lettre ou deux signées de leurs clans dès que l'occasion se présente ; je ne crois pas que le fait que je sois une fille fasse différer mon existence de celles des gars ! Nous sommes tous logés à la même enseigne en ces temps troublés : la bourse et la vie dans la quasi-totalité des cas !

S : Et des filles, tu en as rencontré d'autres ?
L : Tu es la première et la seule avec qui j'ai discuté jusqu'alors, intéressante et agréable rencontre ne trouves-tu pas ?

S : Parle-moi de tes échanges avec la gent masculine : ils sont centrés sur quoi en général ? Ces échanges sont sympas ?
L : Disons que pour les rares qui pénètrent la vérité de mon sexe malgré les épais voiles derrière lesquels je me masque, leurs propos sont assez sympathiques mêmes s'ils restent bien trop souvent fixés sur la question de clan ce qui gâche franchement tout, je ne te le cache pas...
Regarde, chaque fois que je m'aperçois avoir une lettre dans me besace, j'en suis ravie ; mais chaque fois que je la décachette et me rend compte que derrière les agréables lignes que je parcours du regard ne se trouve qu'un officier recruteur... Je te laisse imaginer ma déception, cela à du t'arriver à toi aussi !
Les rares garçons avec lesquelles j'entretiens une correspondance régulière semblent plutôt se vouer à une chaste cour, en me montrant leur dévouement et en m'assurant de leur protection. C'est plutôt classique, mais toujours chouette à savoir ! ; -)

S : Toi, en tant que fille, que penses-tu apporter d'original ?
L : Une dominance de la sage et intelligente parole sur la désobligeante et irréfléchie force brute. Ce serait un bon début non ? Il n'y a guère que les filles pour arriver à cette fin , les gars ne pensent que trop à leur or et leur puissance pour se soucier d'autre chose !
 
S : Te trouves-tu active au sein de ton clan, dans son forum privé, ou dans le Forum de HC ?
L : A l'heure où tu me parles, je viens d'être virée d'un clan après avoir été le vecteur principal de sa destruction parce que je m'étais trop impliquée justement ! Maintenant, j'attends qu'une divine force me fasse savoir si oui ou non je saurai en former un et si je serai capable de le faire évoluer dans le bon sens. En gros il me tarde de connaître la décision de CerberusXt. ^^
Je reste discrète sur le forum de HC, mais j'y passe beaucoup de temps pour me tenir informée des derniers événements.

S : Qu'aurais-tu à dire sur les guerres ? Elles te réjouissent ou t'enquiquinent ?
L : Les deux. Voir se battre un Orc et un Humain devient assurément un spectacle des plus ennuyeux, cela fait des siècles qu'il en est ainsi, cependant admirer l'étroitesse d'esprit de ces factions qui rivalisent depuis des lustres sans même envisager sérieusement un instant que les événements pourraient être différent est chose plaisante.
Leur incapacité à se servir pleinement et intelligemment du muscle le plus important risque de les faire combattre encore plusieurs millénaires, et ça, je trouve amusant.

S : S : et... en ce qui concerne la guerre Entente VS Confédération Hordique ?
L : ...Comme une chose inéluctable. Les peuples de Lorndor ne sont pas faits pour la paix. Ils s'allient à ceux qui leurs ressemblent le plus et font la guerre à ceux qui les révoltent le plus. L'homme a toujours craint ce qu'il ne pouvait comprendre, ce n'est pas nouveau...
Nous verrons encore et toujours l'Alliance face à la Horde. Je ne crois donc pas que cela eut pu être évité. Toute personne du Lorndor a une fois au moins dans son existence prit part à un conflit, et toujours en épargnant quelqu'un de son espèce.
Il ne faut pas se voiler les plus évidentes vérités, si nous sommes ici aujourd'hui toi et moi, c'est que chacune d'entre nous a une fois fait couler le sang, c'est dans la nature des « habitants » de ces terres d'en venir à la violence et rien n'y changera jamais. Le sang appelle le sang.

S : Peux-tu me dire comment tu agis personnellement au sein d'une guerre ?
L : Je n'ai pas encore été impliquée dans une guerre ou un conflit majeur, mais si cela devrait arriver, je m'en mêlerai le moins possible, et n'en viendrai à la force que lorsque faire autrement me serai impossible.

lys noir

sep

S : Un combat particulièrement mémorable à raconter, peut-être ?
L : Bien sûr, dès ma renaissance en ce monde, mes instincts primitifs ont gouverné mes sens et c'est à mains nues, à la force de mes ongles et de mes dents que j'ai déchiqueté un gnome qui venait lui aussi d'arriver sur ces champs de batailles ; le tout en quelques fugaces instants. Une véritable boucherie dont je ne me vante pas mais qui reste une scène à la fois marquante et déroutante pour moi...

S : Aimerais-tu changer quelque chose à ces combats ?
L : Leurs absences de but dans la majeure partie des cas. Les guerriers usent de leurs armes, les mages de leurs pouvoirs, tous se remplissent les poches pour les vider ensuite afin de recommencer à trancher et brûler encore plus efficacement, et cela dans l'idée même de se remplir les poches une nouvelle fois, et ainsi de suite... Il n'y a pas de but dans tout cela, ça reste une véritable mascarade même pour ceux qui pensent combattre pour une cause, crois moi !

S : Il y a t-il autre chose que tu aimes faire sur Lorndor ?
L : Il n'y a pas que la guerre et les écus en ce monde, on peut y faire des tas de choses, comme rêvasser en contemplant un horizon ou une bataille, cueillir quelques fleurs plus étranges et fascinantes les unes que les autres, disséquer les âmes que l'on croise et les événements décidés dans les hautes sphères, réfléchir sur de nouvelles activités jusqu'alors inexistantes ou sous exploitées, croire en de prochaines et agréables rencontres...
Tu sais, avec toi ce dernier point risque de se consolider pour moi, tu viens de m'extirper du désespoir dans lequel je commençais à me laisser engloutir ! Il faut quand même que tu saches que la plupart de mes rencontres ici se sont soldées par de lamentables échecs, mes interlocuteurs n'entendaient rien d'autres que les mots clans, or ou guerre... Heureusement qu'il y aura toujours des personnes comme toi pour relever le niveau.

S : Merci. D'après toi, les filles sont aussi aptes aux combats et aux stratégies de guerre que les gars ?
L : Alors ça, c'est certain ! Nous avons des facilités et des avantages que l'autre sexe n'a pas et inversement. De plus, je demeure persuadée que les nôtres sont plus créatives et inventives que les gars, ce qui nous donne une supériorité évidente dans des situations en apparence critiques.

S : As-tu pensé à incorporer un perso masculin ?
L : Au début oui, j'ai songé que cela m'éviterait pas mal de questions et messages inutiles. Mais en fin de compte, j'ai préféré laisser libre cours à ma nature et voir ce qui allait advenir de ce choix. Jusque là je ne m'en plains pas, ce qui est regrettable. Pourquoi fais-tu cette tête ? Non je t'assure qu' il n'y a qu'un semblant de paradoxe là dedans, je t'explique : si je ne me plains pas, c'est tout bêtement parce que les joueurs sont trop focalisés sur l'aspect « or/expérience/puissance » qu'autre chose et non pas parce qu'ils sont trop timides pour aborder une fille ! Trop de monde prend cet univers pour un simple défouloir et rien de plus, et ça, c'est vraiment dommage, nous loupons ainsi bien d'agréables rencontres.

S : Il y a des garçons qui utilisent un perso féminin, surtout depuis l'arrivée des Skins « F » ; qu'en penses-tu ?
L : Qu'ils doivent être dérangés, curieux, téméraires ou désespérés !! (rires)

S : Un message de fille à apporter aux Garçons de Lorndor ?
L : C'est un sacré topo que tu veux là ? Un message de fille, franchement !! Bon attends je me plie au jeu...euh... Messieurs, rengainez vos armes et vos sorts, prenez quelques cours d'orthographe, de rhétorique et d'entregent, et enfin nous pourrons jouir tous ensemble de l'univers fantastique des Heroes' Chronicles. Car oui, nous autres filles savons déjà également et élégamment converser et nous battre ce qui n'est manifestement pas votre cas !

S : Et pour les Filles de Lorndor ?
L : Faites vous connaître, restez humbles, fortes et surtout, ne vous rabaissez jamais au rang des stupides mâles de ce monde qui ne pensent qu'à tuer leur prochain et saborder la langue française, délaissant par là toute une facette essentielle du RP : les rencontres !!!

lys noir

Je l'abandonnais pour un petit moment, afin d'aller chez les Klones, connaître les autres filles de ce clan dynamique dont Fort était le chef (il ne l'est plus actuellement).

Je n'avais pas besoin d'aller bien loin pour cela : il me suffisait de descendre mon cimetière en direction du sud, pour trouver leur Château construit là, à deux pas des tours qui séparaient mon royaume de la zone des clans.

J'avais l'intention de retrouver Lys Noir après ça, afin qu'elle participe à une rubrique de la Gazette. Plus tard, j'appris qu'elle avait réussi à monter son clan (Les Exilés), dont le background est à voir tant par son esthétisme que son originalité.


Seytahn


 
 
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