LES FILLES DE LORNDOR À LA GUERRE


II- LOESHA ( « La Princesse Aux Gros Bras » ) le 15/07/2005

Après une nuit passée à traverser les contrées endormies en direction du nord, je fis halte dans une auberge au petit matin ; ce n’est que dans l’après-midi que je pu m’approcher du petit groupe du clan Nlo,
La température avait changé : j’appréciais cet apport de fraîcheur, et bien que l’on soit en plein été, des blocs de glaces luttaient encore malgré les assauts du soleil.

Aux abords de la rivière qui sillonnait Lorndor de part en part, je reconnus de suite la puissante silhouette de Whoami : comme il me tournait le dos j’en profitais pour lui donner ce coup de balai qu’il m’avait réclamé ; quoique cette arme fut pourvue que de plumes multicolores, et appliquée sur un fessier rebondi, elle fit sournoisement plus de dégâts que prévu : Whoami avait besoin de soins ; je tentais d’utiliser mon sort de guérisseuse, mais il fut inactif car je venais d'essayer de rompre une des lois magiques de Lorndor : on ne peut guérir la personne que l'on vient d'attaquer. C’est dans ces conditions d'affolement que j'entrevis une silhouette plus petite et élancée s’agiter autour de ma victime : je fis alors la connaissance de Loesha, une brunette dont le teint hâlé par les contrées du sud faisait ressortir l'émeraude clair de ses prunelles.
Elle fut leste et souple pour sortir vivement sa trousse de secours et soigner promptement son ami.
Au bout de ses bras musclés, je voyais ses mains habiles dérouler les bandages : force et féminité émanaient de cette humaine discrète.

Elle se tourna vers moi et m’offrit un sourire éclatant.

Quand elle eut fini de s’occuper du grand blessé, elle s’installa sur une roche au bord de la rivière gelée, et épousseta sa cape grise qui recouvrait une armure de cuir léger ; la chaîne d’argent qui pendait à son coup fit balancer un bel anneau dont l’éclat ne pouvait m’échapper : elle s’en saisit et me confia :

- un cadeau de Darkwhoami lors de notre périple en Terres Désolées.

Je fus surprise que son rire ne fit pas fondre les neiges qui nous entouraient.

Ravie d’être en si bonne compagnie, et sentant que le contact passait bien entre nous, je commençais sans attendre à lui poser mes questions :

S : Tu es une vraie fille à ce que je constate…

L : Vraie de vraie ! Je pense être moins dirigés par les hormones belliqueuses que mes camarades mâles...

D'un autre côté, je suis plus tentée par les balades digestives me permettant de chasser le monstre ou de tuer des nains (des monstres quoi ^^) que par la grosse guerre grasse et virile (et poilue).

En parlant de poil, je dois avouer que je suis l'être le moins poilu de la guilde (composée d’un Tauren et de gnomes barbus), c'est peut être ça qui définit ma féminité...
Je réponds au sobriquet qui m’est injustement attribué de « Princesse aux Gros bras ». Tout d’abord je ne suis pas de la haute, encore moins princesse. Mais c’est le petit nom que mon chef (Darkwhoami), qui m’a recueillie, m’avait donné il y a quelques années.

Les gros bras, c’est parce que, justement, les années précédant ce périple en Lorndor, j’ai du servir de domestique à un elfe magicien, et que le balai et la serpillière m’avaient permis d’acquérir des biceps assez impressionnants. C’est ce qui m’a conduite dans un premier temps à choisir la voie des armes et non de la magie.

Depuis mon arrivée chez les NLO, j’ai pu apprendre à me servir de pouvoirs magiques correctement, ce qui me permet de troquer la plupart du temps mon épée contre un bon sort d’eau. C’est moins salissant, et plus féminin ^^.
Je me suis même mise à jouer l’infirmière, en apprenant des sorts de soin alliés, véritable cliché de la féminité ça !

Bref, tout cela pour dire que mentalement, je suis quelqu’un dorénavant d’assez posé, préférant la réflexion à l’action, la diplomatie aux coups de poignards…

Elle étendit plus confortablement ses longue jambes chaussées de bottes à lanières qui lui montaient jusqu’aux genoux.

S : Comment es-tu arrivée sur le Monde de Lorndor ?
L : La soif de la vengeance a guidé mes pas.

Quand j’étais plus jeune, je vivais heureuse et sans prétention dans un petit village par delà les montagnes.
Un jour, une bande de nains nommés les « Nain’s Angels » est venue piller et assassiner les gens de mon village, ayant pu me cacher, j’ai vu toute ces scènes de meurtres, et elles sont restées gravées dans ma mémoire…
Forte de ce souvenir, j’ai décidé de les suivre jusqu’aux frontières de ce royaume. Durant ce périple, j’ai appris à manier les armes, et j’ai aiguisé ma haine.
Arrivée en Lorndor, je me suis retrouvée pour survivre au service d’un elfe magicien, comme domestique.
J’ai pu en cachette commencer à m’initier à la magie, ce qui se trouve être aujourd’hui pour moi d’un grand secours.

S : Il y a beaucoup d’hommes dans ce monde tu ne trouves pas ?
L : Cela ne m’a pas choquée, les hommes sont plus enclins à la guerre et à l’aventure que nous, faibles et fragiles femmes…
J’ai plutôt été satisfaite, je me sens plus à l’aise dans un univers masculin que féminin, ou je ferais sûrement un peu tache avec mes soit disant gros bras ;)

S : et toutes ces guerres …
L : Je déteste la guerre, car elle ne repose sur rien d’autre que la soif de pouvoir.
Pas de vengeance, de stratégie… rien qu’une démonstration de pouvoir, et je ne me sens pas concernée par ce genre de chose. Encore un truc typiquement masculin, la soif de pouvoir…
Toujours cette volonté de se comparer aux autres, c’est lassant et consternant…
Mais heureusement il y a des exceptions : avec les NLO, nous faisons partie de la Ligue d’Argent, qui prône la paix sur ses terres.

S : Donc tu te sens bien intégrée dans ce monde en tant que femme…
L : Tout à fait, j’ai la chance d’appartenir à une guilde qui me respecte, et me permet de ne pas me sentir sous estimée en tant que femme.

Ils m’ont permis aussi de me révéler plus féminine, car aujourd’hui j’ai d’autre centres d’intérêts que ma survie ou ma vengeance.
Dans le groupe, ce sont nos différences qui font notre force.
Mais , je n’ai pas vraiment eu l’occasion de rencontrer d’autres filles…
A par toi, et je dois avouer qu’en attendant, ça me paraît plutôt positif.
Avec la gent masculine, mes relations sont plutôt positives :)
Je pense que la plupart me considère comme une camarade de combat et de jeu, sans distinction de sexe.
Je ne désire pas plus d’attention et de galanterie de leur part. Par contre je suis plus proche de mon protecteur, qui je pense, me considère plus comme une fille que comme un pote.
C’est rassurant dans ce monde de brutes !

En fait … les garçons ne me tournent pas autour, et de toute façon, mon cœur n’est plus à prendre.
Par contre j’aime bien donner des soins, sans qu’on me le demande. C’est ma façon de dire aux gens que je les apprécie.
En tant que fille, j’essaye de rendre la vie des autres plus facile et moins austère.
J’ai refait la déco de la taverne de la Ligue d’Argent il n’y a pas longtemps, même si la bande d’Orcs qui la fréquente déclare préférer les crânes d’ogres, je pense que ça doit changer un peu leurs mœurs de voir autres choses que des os et du sang.





 
 
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